Trébeurden : L’enrochement fait polémique

La loi Littoral s’applique-t-elle à Trébeurden ? C’est la question que posent « Sauvegarde du Trégor » et des riverains de Pors Termen où plusieurs tonnes de rochers ont été arrachées pour venir consolider des propriétés érodées par les grandes marées.
La côte subit régulièrement l’assaut des vagues, surtout ces dernières années où de rudes tempêtes pour le littoral se sont succédé. Mais personne à Trébeurden n’avait pensé que, cette fois, c’était l’homme qui allait saccager un environnement pourtant protégé par la loi Littoral qui date de 1986. Deux propriétés donnant sur Pors Termen ont vu, avec le temps et la furie des vagues, leur terrain sérieusement grignoté. À tel point que les propriétaires ont obtenu l’autorisation de procéder à un enrochement aux abords de leur terrain. Le problème, c’est que l’entreprise qui est intervenue ne s’est pas servie uniquement de pierres qu’elle avait acheminées. Passé un temps, elle s’est servie sur place…

« Carrière à ciel ouvert »

« Ce qui a été fait ici, remarque Yves-Marie Le Lay, le président de l’association Sauvegarde du Trégor, va bien au-delà, sûrement, de l’enrochement autorisé. Ce qui a été détruit fait partie du domaine public maritime et appartient donc à tout le monde. On a là une carrière à ciel ouvert. C’est une dégradation du littoral et l’association portera plainte pour dégradation du patrimoine commun. Et je me tourne vers les propriétaires et je leur dis : l’argent ne peut pas tout ! ». Du côté de la municipalité de Trébeurden, c’est la consternation. « Les propriétés sont dans le domaine privé, explique Odile Guérin, adjointe à l’environnement. Ils avaient donc le droit de renforcer leur pied de falaise. Au début des travaux, ça se passait bien. Et le dernier jour, ou peut-être avant, l’entreprise a dérapé et a pris les pierres sur l’estran, alors qu’elle était tenue de faire l’empierrement avec des blocs qu’elle devait apporter. La commune ne l’accepte pas et va certainement porter plainte pour destruction d’une partie de l’estran ». Contacté hier, Fabrice Fraslin, chef d’agence de l’entreprise Colas à Guingamp, a affirmé que les travaux étaient « conformes aux autorisations obtenues par le biais de la préfecture qui prévoyait une partie des pierres en apport et une partie à prélever sur place. On n’a pas fait ça comme des sauvages ».

(article issu du Télégramme)

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