Submersibilité : article du Télégramme

Submersion marine. « Les risques sont réels »

Doctorante en géographie à l’Université de Bretagne occidentale (UBO), Céline Perherin était l’invitée, samedi, de l’Union des associations pour la défense du littoral. Spécialisée dans la cartographie des aléas littoraux, elle est intervenue sur le thème de la submersion.
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Quelle est la définition de la submersion ?

C’est une inondation temporaire des côtes qui peut durer plus ou moins. Il n’y a pas de notion de hauteur. Cela peut être juste un débordement ou des franchissements par des paquets de mer. La troisième cause est une rupture de digue comme lors de la tempête Xynthia en Charente-Maritime.

Quel est le risque de submersion en Bretagne ?

Ce qui joue beaucoup d’une région à l’autre, c’est la configuration des côtes. La Bretagne n’est pas la région la plus vulnérable. Il y a assez peu de côtes basses, de polders. Pour autant des risques sont réels. Ce sont plus de petits secteurs qui sont concernés.

Jean Jouzel évoque une élévation du niveau des mers de 50 à 80 centimètres d’ici la fin du siècle ?

Du fait de l’élévation moyenne du niveau de la mer, les submersions vont être plus fréquentes. Cela ne veut pas dire qu’il y aura plus de tempêtes. Il faut bien faire la différence entre tempête et submersion. On ne sait pas non plus encore comment vont être impactées les trajectoires des tempêtes en raison de l’élévation du niveau de la mer.

La prévention est-elle primordiale pour vous ?

La pression foncière est une réalité. Le recul du trait de côte et les submersions marines imposent de réaliser une carte réglementaire pour limiter l’urbanisation dans des secteurs trop exposés ou pour adopter des contraintes de vulnérabilité dans des secteurs construits comme la pose de bâtardeaux ou de sorties sur les toits des habitations. L’information du public, la diffusion de la connaissance sont très importantes. Il faut aller vers une amélioration de la gestion de crise avec les plans communaux de sauvegarde.

Où en est-on des plans de prévention des risques littoraux ?

Depuis la fin des années 90, le Finistère est un département pionnier. Des plans sont approuvés dans 21 communes. Des plans sont en cours d’élaboration. Un phénomène comme Xynthia peut-il se reproduire ? C’est un phénomène de nouveau possible en France même s’il reste extrêmement rare. Il faut s’y préparer en terme de sécurité civile.

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